En ce début de Carême, la Parole de Dieu nous conduit au cœur de l’essentiel : apprendre à aimer concrètement. Le chemin vers Dieu passe par des gestes simples, réels, quotidiens. Dans la lumière douce de l’esprit de Bethléem, nous découvrons que l’amour véritable se vit dans l’agir.
Dans la première lecture, le Seigneur parle à son peuple par la voix de Moïse : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19,2). Et aussitôt, cette sainteté se traduit non par des gestes extraordinaires, mais par une manière de vivre : ne pas voler, ne pas mentir, ne pas exploiter, ne pas nourrir la haine. Et au cœur de tout, cette parole qui résume la Loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19,18). La sainteté demandée par Dieu n’est pas éloignée de nous. Elle s’inscrit dans la vie quotidienne, dans la justice, dans le respect, dans l’amour vécu.
Dans l’Évangile, Jésus ouvre devant nous la scène du jugement dernier. Le Fils de l’homme vient dans sa gloire et rassemble toutes les nations. Mais le critère du jugement surprend : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez accueilli… » (Mt 25,35). Et lorsque les justes s’étonnent, le Roi révèle le mystère : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).
Ainsi, la foi chrétienne devient une manière d’agir. Dieu ne nous demande pas d’abord des prouesses hors de portée, mais une sainteté à notre mesure, faite d’amour concret. Au soir de notre vie, nous ne serons pas examinés sur la grandeur de nos œuvres, mais sur la vérité de notre charité. L’amour vécu sera notre lumière — ou notre obscurité.
Dans l’esprit de Bethléem, nous comprenons que l’amour ne demeure pas dans les intentions, mais qu’il devient geste, parole, présence. Il ne s’agit plus seulement de “ne pas faire le mal”, mais d’oser faire le bien. Aimer, c’est agir. Aimer, c’est voir le Christ dans le plus petit. Aimer, c’est ouvrir les mains, le cœur, la vie.
Le Carême nous offre ce chemin simple et exigeant : prier, jeûner, partager. Le partage ici n’est pas un supplément, il est le lieu où l’amour devient visible. Là où une main se tend, Dieu est présent. Là où un cœur s’ouvre, le Royaume grandit.
Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous appelle. Non à faire des choses extraordinaires, mais à aimer concrètement. À voir. À agir. À servir. À aimer.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui te rends présent dans les plus petits,
apprends-nous l’amour qui agit.Donne-nous un cœur simple et attentif
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur qui voit la souffrance,
un cœur qui se laisse toucher,
un cœur qui se donne.Que nos gestes deviennent lumière,
que notre vie devienne charité,
et que ton amour grandisse en nous chaque jour.Conduis-nous sur le chemin du Royaume,
où l’amour devient vie éternelle.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
“Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront :
“Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
“Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi :
“Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »
Références bibliques
- Lv 19, 1-2.11-18
- Mt 25, 31-46
Pour méditer
- Reconnaissons-nous réellement la présence du Christ dans les plus petits que nous rencontrons chaque jour ?
- Notre amour demeure-t-il dans l’intention, ou devient-il geste concret, parole vivante, service réel ?
- Si notre vie était aujourd’hui jugée sur l’amour, que révéleraient nos choix, nos priorités et nos actes ?




























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