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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 20
Le regard libre de Dieu — Quand l’amour dépasse nos cadres et renverse nos certitudes

Le regard libre de Dieu — Quand l’amour dépasse nos cadres et renverse nos certitudes

Il est dans le cœur humain une tentation discrète mais tenace : celle de vouloir enfermer Dieu dans nos règles, nos rites, nos façons de faire. Comme si la fidélité pouvait se réduire à un cadre bien maîtrisé, comme si l’amour pouvait être tenu dans les limites d’un système. La Parole de ce jour vient précisément défaire ces illusions : Dieu demeure libre. Et cette liberté est notre salut, car elle ouvre toujours un chemin nouveau pour ceux qui croient.

La première lecture (1 S 16,1-13) nous conduit dans la maison de Jessé, où Samuel cherche celui que Dieu a choisi pour succéder au roi Saül. Tout semble évident : un roi doit être grand, fort, impressionnant. Samuel lui-même est prêt à consacrer l’un des fils aînés, séduisant par son allure. Mais Dieu le reprend avec fermeté : « L’homme regarde l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »

Et voilà que celui que personne n’avait même pensé à présenter — David, le plus jeune, occupé à garder les brebis — devient celui que Dieu choisit. La logique divine tranche radicalement avec nos critères humains. Dieu n’est pas lié par nos catégories. Il n’agit pas selon nos mesures. Il choisit où il veut, comme il veut, et souvent là où nous ne regarderions jamais. Dans cette élection inattendue se révèle déjà le mystère du cœur de Dieu : un amour libre, créatif, déroutant, qui ne s’enferme pas dans ce que les hommes jugent convenable.

L’Évangile (Mc 2,23-28) prolonge cette même révélation. Voici Jésus qui traverse des champs de blé avec ses disciples un jour de sabbat. Affamés, ils cueillent quelques épis. Aussitôt, les pharisiens s’indignent : « Cela n’est pas permis ! » Car pour eux, la loi est un cadre absolu, un système sacré où tout est réglé, contrôlé, verrouillé.

Mais Jésus vient replacer la loi à sa juste place. Il rappelle l’épisode où David, dans la nécessité, a mangé les pains d’offrande réservés aux prêtres. Puis il prononce cette parole qui renverse l’ordre établi : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat. » Et encore : « Le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »

Jésus ne méprise pas la loi. Il la remet dans la lumière juste : la loi existe pour servir l’homme, non pour l’écraser. La loi est un chemin vers Dieu, non une prison. Le sabbat doit être un jour de vie, pas un carcan qui étouffe.

Derrière cette parole, il y a tout un visage de Dieu qui se dévoile : un Dieu qui reste libre face à nos interprétations, un Dieu qui place l’être humain au cœur de son projet, un Dieu qui refuse d’être utilisé comme garant de structures figées.

Bethléem nous enseigne que Dieu vient toujours là où on ne l’attend pas : non dans un palais, mais dans une crèche ; non dans la puissance, mais dans la fragilité ; non dans ce que les hommes considèrent comme sacré, mais dans la simplicité ordinaire. Dieu se révèle libre. Libre d’aimer, libre de surprendre, libre de passer par la petitesse pour sauver le monde. La spiritualité de l’Enfant de Bethléem nous invite à accueillir cette liberté comme une grâce : Dieu n’est jamais coincé par nos limites. Il frappe où il veut. Il appelle qui il veut. Il passe par nos fragilités, jamais par nos prétentions.

La liberté de Dieu n’écrase pas : elle libère. Elle ouvre des chemins. Elle révèle ce que nous n’aurions jamais vu par nous-mêmes.

Ces textes nous interrogent: Quels rites, habitudes ou certitudes avons-nous absolutisés au point d’en faire des barrières ? Où refusons-nous encore la nouveauté de Dieu dans notre vie ?

Si Dieu choisit David, c’est pour nous rappeler que rien n’est trop petit pour son amour. Si Jésus libère le sabbat, c’est pour nous rappeler que rien n’est plus grand que la charité. Aujourd’hui, accueillons cette liberté comme un appel : laisser Dieu être Dieu. Laisser son regard traverser nos jugements. Laisser sa miséricorde briser nos rigidités. Laisser son amour réinventer nos chemins.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui vois au-delà des apparences
et qui regardes le cœur,
viens libérer nos vies de tout ce qui nous enferme.
Délivre-nous des rigidités qui étouffent,
des certitudes qui ferment,
et ouvre en nous un espace
où ton amour peut créer du neuf.
Dans l’humilité de Bethléem,
apprends-nous à accueillir ta liberté
et à marcher sous ton regard.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Un jour de sabbat,
Jésus marchait à travers les champs de blé ;
et ses disciples, chemin faisant,
se mirent à arracher des épis.
    Les pharisiens lui disaient :
« Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat !
Cela n’est pas permis. »
    Et Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu ce que fit David,
lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim,
lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?
    Au temps du grand prêtre Abiatar,
il entra dans la maison de Dieu
et mangea les pains de l’offrande
que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres,
et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
    Il leur disait encore :
« Le sabbat a été fait pour l’homme,
et non pas l’homme pour le sabbat.
    Voilà pourquoi le Fils de l’homme
est maître, même du sabbat. »

Références bibliques

  • 1 S 16, 1-13
  • Mc 2, 23-28

 

Pour méditer

  • Où avons-nous enfermé Dieu dans nos habitudes, nos certitudes ou nos règles ?
  • Quels « David » Dieu cherche-t-il encore à faire surgir dans nos vies — là où nous n’aurions pas regardé ?
  • Comment pouvons-nous vivre une fidélité plus libre, plus aimante, plus ajustée à Jésus ?