Il y a des moments où nous croyons savoir ce qu’il nous faut, où nos attentes semblent évidentes, presque logiques. Pourtant, la Parole de ce jour nous montre un Dieu qui déplace nos certitudes pour ouvrir un chemin plus profond : celui de son règne, non pas celui de nos solutions. À travers Israël qui réclame un roi et à travers le paralytique descendu par le toit, Dieu nous apprend que son règne vient là où nous lui laissons la première place. Le désir humain de sécurité ne conduit pas toujours à la foi. Le désir de Dieu, lui, conduit toujours à la vie.
Le récit présente un tournant dramatique dans l’histoire du peuple. Samuel est vieux, ses fils ne marchent pas dans les voies du Seigneur. Alors les anciens d’Israël viennent le trouver et déclarent : « Donne-nous un roi, pour nous juger, comme toutes les nations. » Le texte nous fait entendre à quel point cette demande blesse Samuel. Mais ce qui blesse davantage, c’est la réponse de Dieu lui-même : « Ce n’est pas toi qu’ils rejettent ; c’est moi qu’ils rejettent, pour que je ne règne plus sur eux. »
Israël ne veut plus vivre sous la conduite invisible mais fidèle de Dieu. Il veut être « comme les autres ». Le cœur humain n’a guère changé : nous préférons parfois une sécurité visible à une confiance vivante. Samuel avertit le peuple : un roi risque d’exploiter, de prendre, d’asservir. Dieu, lui, donne, libère, relève. Mais Israël insiste : « Non ! Il nous faut un roi ! » Cette scène révèle notre propre tentation spirituelle : préférer un maître humain, maîtrisable, plutôt qu’un Dieu libre ; préférer une solution immédiate plutôt que la confiance.
À Capharnaüm, la foule se presse autour de Jésus. Quatre hommes arrivent avec un paralytique. Rien ne les arrête : ils montent sur le toit, l’ouvrent et descendent le brancard devant Jésus. Leur détermination est un acte de foi. Mais la réponse de Jésus déroute tout le monde : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Ce n’est pas ce que les porteurs attendaient. Ce n’est pas ce que le paralytique espérait. Et ce n’est certainement pas ce que les scribes acceptent. Ils murmurent : « Il blasphème. Dieu seul peut pardonner les péchés. » Justement. C’est là que Jésus révèle le cœur du règne de Dieu : un règne qui guérit à la racine, qui commence par libérer le cœur, avant de guérir le corps. Un règne où Dieu se fait proche, pardonne, relève.
Pour montrer que ce pardon est réel, Jésus ajoute : « Lève-toi, prends ton brancard et marche. » Le paralysé se lève immédiatement. La foule s’émerveille : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. » Le règne de Dieu est venu — silencieux, profond, libérateur.
À Bethléem aussi, les hommes attendaient un roi puissant. Dieu a donné un enfant fragile. Un Roi sans armée, mais avec un cœur entièrement donné. Un règne sans violence, mais rempli de pardon. Bethléem, Samuel et Capharnaüm disent la même chose : le règne de Dieu ne ressemble jamais à nos projections. Il ne s’impose pas comme les rois humains. Il vient là où un cœur s’ouvre. Il vient là où une foi persévère. Il vient là où un brancard descend dans nos obscurités intérieures.
Le paralytique ne bouge pas — mais ses amis portent pour lui. Et peut-être que, certains jours, nous sommes portés par la foi des autres. Et d’autres jours, c’est notre foi qui porte. Le règne de Dieu commence quand nous laissons Jésus dire la parole que nous n’aurions jamais pensée : « Tes péchés sont pardonnés. » Avant même : « Lève-toi. »
Aujourd’hui, demandons-nous : Quel roi cherchons-nous ? Quel type de sécurité attendons-nous ? Qu’attendons-nous plus : une solution ou un Sauveur ? Laissons Jésus régner dans ces lieux où nous voudrions tout contrôler. Laissons-Le dire sa parole de pardon. Laissons-Le ouvrir un chemin que nous n’avions pas imaginé. Et redisons dans notre cœur, simplement : « Que ton règne vienne. »
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui ne règnes pas à la manière des puissants,
viens régner dans nos cœurs.
Ouvre en nous un espace de confiance
où ta parole peut pardonner, relever, guérir.
Apprends-nous à attendre ton règne
dans l’humilité de Bethléem,
dans la foi des porteurs du paralytique,
dans la docilité de Samuel.
Que ton règne vienne,
et qu’il transforme notre vie.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Quelques jours après la guérison d’un lépreux,
Jésus revint à Capharnaüm,
et l’on apprit qu’il était à la maison.
Tant de monde s’y rassembla
qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte,
et il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens
qui lui amènent un paralysé,
porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule,
ils découvrent le toit au-dessus de lui,
ils font une ouverture,
et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé :
« Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait quelques scribes, assis là,
qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ?
Il blasphème.
Qui donc peut pardonner les péchés,
sinon Dieu seul ? »
Percevant aussitôt dans son esprit
les raisonnements qu’ils se faisaient,
Jésus leur dit :
« Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?
Qu’est-ce qui est le plus facile ?
Dire à ce paralysé :
“Tes péchés sont pardonnés”,
ou bien lui dire :
“Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme
a autorité pour pardonner les péchés sur la terre…
– Jésus s’adressa au paralysé –
je te le dis, lève-toi,
prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »
Il se leva, prit aussitôt son brancard,
et sortit devant tout le monde.
Tous étaient frappés de stupeur
et rendaient gloire à Dieu, en disant :
« Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »
Références bibliques
- 1 S 8, 4-7.10-22a
- Mc 2, 1-12
Pour méditer
- Dans quels domaines cherchons-nous un roi « comme les autres nations » ?
- Comment pouvons-nous porter, aujourd’hui, quelqu’un vers Jésus ?





























Comments are closed.