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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 21
Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras — Quand l’amour ne remet jamais au lendemain le bien à accomplir

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras — Quand l’amour ne remet jamais au lendemain le bien à accomplir

Il existe des situations où nous savons exactement ce qu’il faudrait faire, mais où nous hésitons, reportons, attendons. L’Évangile de ce jour nous rejoint précisément dans ces moments : lorsque le bien pourrait être fait immédiatement, mais où la peur, l’habitude ou les règles nous retiennent. Jésus, lui, ne remet jamais l’amour au lendemain. Il agit maintenant. Il ouvre un chemin où la liberté du cœur dépasse la rigidité des cadres. Et il nous invite à entrer, nous aussi, dans cette urgence tranquille du bien.

La première lecture nous raconte l’un des épisodes les plus étonnants de l’histoire d’Israël : le combat de David contre Goliath (1 S 17). Tout semble perdu : le géant philistin menace, les soldats tremblent, Saül lui-même hésite. Mais David, jeune berger sans armure, s’avance avec une audace qui déroute. Il n’attend pas un meilleur moment. Il ne demande pas un délai. Il ne cherche pas à renforcer son assurance. Il agit maintenant, parce qu’il sait que Dieu est avec lui. Ce courage n’est pas de l’imprudence : c’est la confiance immédiate dans la présence de Dieu. Là où tout le monde attend, lui se lève.

L’Évangile reprend ce même thème, mais sous une lumière encore plus intérieure (Mc 3,1-6). Jésus entre dans une synagogue. Un homme est là, avec la main paralysée. La souffrance est visible, ancienne, discrète. Les pharisiens l’observent : non pour apprendre, mais pour accuser. Ils attendent la faute. Ils espèrent le faux pas. Et leur question n’est plus : « Que faut-il faire ? » mais : « Va-t-il transgresser la loi ? »

Jésus, lui, ne se laisse pas enfermer dans ce jeu. Il fait venir l’homme au milieu — comme pour dire que la souffrance est toujours centrale, jamais marginale. Puis il pose une question qui déchire les faux raisonnements : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la tuer ? » Le silence des pharisiens est glaçant. Eux qui étaient si prompts à parler deviennent muets lorsque la vérité les pousse à choisir entre la vie et la rigidité.

Alors Jésus, « navré de l’endurcissement de leurs cœurs », dit simplement : « Étends la main. » Et la main redevient vivante.

Jésus ne fait rien de spectaculaire : il rend à cet homme la possibilité de vivre. Mais surtout, il montre que l’amour n’attend jamais demain. Si le bien peut être fait aujourd’hui, il devient un devoir sacré. Le sabbat n’est pas aboli : il est restauré dans son sens originel, celui d’un jour de vie. Car la loi n’a jamais été donnée pour empêcher d’aimer, mais pour conduire à la charité.

La spiritualité de l’Enfant de Bethléem éclaire cette scène. À Bethléem, Dieu ne remet pas au lendemain son amour. Il vient dans l’instant présent de l’humanité, dans la fragilité d’une crèche, sans attendre que le monde soit prêt. Dieu n’attend pas que nous changions pour nous rejoindre ; il vient, maintenant, dans ce que nous sommes. La crèche est déjà ce geste immédiat de tendresse divine : un « aujourd’hui » qui sauve.

C’est cette même urgence de la miséricorde que Jésus vit dans la synagogue. Il se tient du côté de la vie, du côté du cœur, du côté de celui qui souffre. Il ne négocie pas avec le mal. Il ne patiente pas devant la détresse. Jésus choisit l’amour, et il le choisit maintenant.

Aujourd’hui, cette Parole nous interroge profondément. Combien de fois avons-nous repoussé un pardon à demain ? Une visite ? Une prière ? Un geste de réconciliation ? Une parole de vérité ? Combien de fois avons-nous laissé quelqu’un attendre un bien que nous pouvions offrir immédiatement ?

Le Christ nous dit doucement, mais fermement : « Étends la main. N’attends pas demain pour aimer. » Le monde change à travers ces gestes simples, immédiats, offerts sans délai — ces « tiens » qui valent mieux que tous les « tu l’auras ».

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui refuses de remettre à demain
le bien qui peut être fait aujourd’hui,
ouvre nos cœurs à ta promptitude d’amour.
Dans l’humilité de Bethléem,
apprends-nous la simplicité des gestes immédiats,
la générosité qui ne calcule pas,
la miséricorde qui ne tarde pas.
Que notre main, comme celle de l’homme guéri,
devienne vivante pour servir,
pour consoler, pour relevé.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus entra dans une synagogue ;
il y avait là un homme dont la main était atrophiée.
    On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat.
C’était afin de pouvoir l’accuser.
    Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée :
« Lève-toi, viens au milieu. »
    Et s’adressant aux autres :
« Est-il permis, le jour du sabbat,
de faire le bien ou de faire le mal ?
de sauver une vie ou de tuer ? »
Mais eux se taisaient.
    Alors, promenant sur eux un regard de colère,
navré de l’endurcissement de leurs cœurs,
il dit à l’homme :
« Étends la main. »
Il l’étendit, et sa main redevint normale.

    Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil
avec les partisans d’Hérode
contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Références bibliques

  • 1 S 17, 32-33.37.40-51
  • Mc 3, 1-6

 

Pour méditer

  • Quels gestes de bien suis-je tenté de remettre à demain ?
  • Quelles peurs m’empêchent d’agir immédiatement par amour ?
  • Comment laisser le Christ rendre ma main — et mon cœur — disponibles maintenant ?