En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous appelle à ouvrir notre cœur à la miséricorde. Dieu ne cesse de chercher l’homme, même lorsque l’homme se ferme. Dans la simplicité de l’Enfant de Bethléem, nous apprenons aujourd’hui à nous laisser toucher et transformer.
Dans la première lecture, le livre de Jonas nous conduit au cœur d’un combat intérieur. Jonas refuse d’aller annoncer la conversion à Ninive. Pourquoi ? Parce que cette ville païenne, violente et éloignée de Dieu, ne lui semble pas digne de miséricorde. Jonas préfère un Dieu qui juge plutôt qu’un Dieu qui pardonne. Mais Dieu ne renonce pas. Après avoir traversé l’abîme, Jonas accepte enfin d’aller à Ninive. Et là, un événement inattendu se produit : « Les habitants de Ninive crurent en Dieu ; ils proclamèrent un jeûne et se convertirent de leur conduite mauvaise » (Jon 3,5). Du roi jusqu’au plus humble, tous ouvrent leur cœur. Et Dieu, « voyant leur conversion », renonce au malheur qu’il avait annoncé (Jon 3,10). La miséricorde l’emporte. Dieu ne rejette jamais le cœur qui se tourne vers lui.
Dans l’Évangile, les foules demandent à Jésus un signe éclatant. Mais Jésus refuse de satisfaire cette attente. « Il ne lui sera donné que le signe de Jonas » (Lc 11,29). Comme Jonas fut signe pour Ninive, Jésus devient signe pour son temps. Mais ce signe n’est pas spectaculaire — il appelle à la conversion.
Jésus rappelle que les Ninivites, pourtant païens, ont accueilli la Parole de Dieu et se sont convertis. La reine de Saba a parcouru de longues distances pour chercher la sagesse. Et pourtant, « il y a ici bien plus que Jonas, bien plus que Salomon » (Lc 11,31-32). Jésus lui-même est le signe vivant de Dieu. Mais beaucoup ne voient pas, ne croient pas, ne se convertissent pas.
Ainsi, la Parole de Dieu nous place devant deux chemins. Celui des Ninivites : écouter, se laisser toucher, se convertir. Et celui d’un cœur fermé, religieux peut-être, mais incapable d’accueillir la miséricorde. Le salut de Dieu est offert à tous. Dieu ne privilégie pas, il appelle. Il ne rejette pas, il attend. Son cœur demeure ouvert.
Dans l’Esprit de Bethléem, nous découvrons que la conversion commence par une ouverture. Ouvrir le cœur, c’est accepter d’être aimé, pardonné, transformé. Ouvrir le cœur, c’est laisser Dieu être Dieu — miséricordieux, patient, fidèle. Ouvrir le cœur, c’est entrer dans la joie du pardon.
Le Carême nous est donné pour cela. Non pour nous juger, mais pour nous laisser rejoindre. Non pour nous durcir, mais pour nous ouvrir. Aujourd’hui, le signe nous est donné : le Christ lui-même. Écoutons. Revenons. Ouvrons notre cœur à la miséricorde.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui es le signe vivant de la miséricorde du Père,
ouvre notre cœur.Délivre-nous de la dureté,
de la peur,
de la fermeture.Donne-nous un cœur simple et pauvre
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur qui écoute,
un cœur qui se laisse toucher,
un cœur qui accueille ton pardon.Que ta miséricorde nous transforme,
et fais de nous des témoins de ton amour.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. »
Références bibliques
- Jon 3, 1-10
- Lc 11, 29-32
Pour méditer
- Lorsque Dieu nous appelle à la conversion, résistons-nous intérieurement comme Jonas, ou osons-nous nous ouvrir ?
- Reconnaissons-nous vraiment le Christ comme le signe vivant de Dieu dans notre vie quotidienne ?
- Notre cœur est-il prêt à accueillir la miséricorde — pour nous-mêmes et pour les autres ?





























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