Au cœur du Carême, la Parole de Dieu nous apprend à prier avec confiance. Lorsque l’épreuve se fait sentir, lorsque l’avenir semble incertain, Dieu nous invite à nous tourner vers Lui avec un cœur d’enfant. Dans l’Esprit simple et filial de Bethléem, nous découvrons aujourd’hui la force d’une prière confiante.
Dans la première lecture, nous entendons la prière d’Esther (Est 4,17). Le peuple juif vit une heure dramatique : menacé d’extermination, sans défense, il se trouve au bord du désespoir. Avant d’intervenir auprès du roi, Esther se tourne vers Dieu. Sa prière n’est pas une revendication, mais un abandon. Elle reconnaît la petitesse de sa force et la grandeur du Seigneur. Elle se souvient que Dieu n’abandonne jamais son peuple. Dans la détresse, elle ne cède pas à la peur : elle s’appuie sur la fidélité de Dieu. Et cette confiance devient source de salut. L’histoire nous montre que Dieu répond à la prière confiante, même lorsque tout semble perdu.
Dans l’Évangile, Jésus nous conduit plus loin encore. Sur la montagne, il parle à ses disciples comme un maître qui ouvre le cœur de ses amis. « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira » (Mt 7,7). Trois verbes simples, mais puissants. Demander, c’est reconnaître notre pauvreté. Chercher, c’est ne pas se contenter de la surface. Frapper, c’est persévérer, même lorsque la porte tarde à s’ouvrir. Jésus ne promet pas une magie immédiate ; il promet la fidélité du Père. « Combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! » (Mt 7,11).
La prière chrétienne ne repose pas sur la multiplication des paroles, mais sur la confiance. Elle n’est pas un effort pour forcer Dieu à agir, mais un acte d’abandon entre ses mains. Là réside sa force. Si la réussite humaine dépend parfois de l’agitation et de la performance, la prière trouve son efficacité dans l’ouverture du cœur. Dieu agit là où la confiance Lui laisse place.
Dans l’Esprit de l’Enfant de Bethléem, nous comprenons que prier avec confiance, c’est redevenir enfant. L’enfant ne calcule pas ; il s’abandonne. Il ne maîtrise pas l’avenir ; il se repose dans les bras de son père. Ainsi en est-il de notre prière. Lorsque l’angoisse nous serre, lorsque la solitude nous atteint, lorsque le découragement menace de nous éloigner de la charité, nous pouvons reprendre la prière d’Esther et les paroles de Jésus. La confiance ouvre un passage là où nos forces s’épuisent.
Le Carême nous invite à risquer cette confiance. Demander, chercher, frapper — non comme un acte de désespoir, mais comme un acte de foi. Dieu ne se lasse pas d’écouter. Il ne se fatigue pas de répondre. Il donne ce qui est bon, même lorsque nous ne comprenons pas encore comment.
Aujourd’hui, osons prier. Osons faire confiance. Osons croire que le Père donne toujours ce qui conduit à la vie.
Prière du jour
Seigneur notre Dieu,
dans les heures d’inquiétude et de doute,
apprends-nous la confiance.Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur qui demande sans crainte,
qui cherche sans se lasser,
qui frappe avec persévérance.Lorsque nous nous sentons faibles,
rappelle-nous ta fidélité.
Lorsque nous avons peur,
donne-nous ton Espérance.Que notre prière devienne abandon,
et que notre confiance ouvre en nous
le chemin de la paix.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore :
lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils
quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent,
quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses
à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »
Références bibliques
- Est 4, 17
- Mt 7, 7-12
Pour méditer
- Lorsque l’épreuve surgit, cherchons-nous d’abord nos propres forces ou nous tournons-nous vers Dieu avec confiance ?
- Notre prière est-elle un dialogue confiant avec le Père ou une succession de paroles sans abandon ?
- Sommes-nous prêts à croire que Dieu donne toujours ce qui est bon, même lorsque cela dépasse notre compréhension ?





























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