Il arrive que l’épreuve fasse naître une question profonde : Dieu est-il à l’origine de ce que nous traversons ? La Parole de Dieu de ce jour vient dissiper toute confusion. Elle nous révèle un Dieu qui ne tente pas, mais qui soutient, éclaire et fortifie. Là où l’homme lutte, Dieu ouvre un chemin de vie.
L’apôtre Jacques parle avec clarté à des croyants éprouvés. Beaucoup pensaient — comme aujourd’hui encore — que Dieu envoie les épreuves pour éprouver ou punir. Jacques corrige cette vision : « Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne. » Dieu n’est pas l’auteur du mal. L’épreuve existe, mais elle ne vient pas d’un dessein obscur de Dieu. Elle naît souvent de la fragilité humaine, du monde blessé, ou de nos propres désirs désordonnés. Pourtant, Dieu ne reste pas absent : il soutient, il fortifie, il donne la grâce de persévérer.
Jacques proclame : « Heureux l’homme qui supporte l’épreuve… il recevra la couronne de la vie. » L’épreuve devient alors un lieu de croissance, non parce qu’elle vient de Dieu, mais parce que Dieu y agit pour faire mûrir la foi. Dieu ne tente pas — il engendre la vie : « Tout don parfait vient d’en haut. »
L’Évangile nous conduit dans une barque, avec Jésus et ses disciples. Ils n’ont qu’un seul pain et s’inquiètent. Pourtant, ils viennent d’assister à la multiplication des pains. Jésus les met en garde : « Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode. » Mais les disciples restent enfermés dans une inquiétude matérielle. Jésus s’étonne : « Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas ? »
Leur épreuve n’est pas la faim — mais l’oubli. Ils oublient ce que Dieu a déjà accompli. Leur cœur se ferme, non par refus, mais par distraction et inquiétude. Jésus les conduit alors à faire mémoire : « Combien de paniers avez-vous ramassés ? » — Douze. « Et après les sept pains ? » — Sept. Jésus ne reproche pas — il réveille. Il éduque la foi. L’épreuve devient une pédagogie : apprendre à reconnaître la présence de Dieu dans l’ordinaire.
Dans la spiritualité de Bethléem, Dieu ne met pas à l’épreuve pour faire tomber — il accompagne pour faire grandir. À Bethléem, aucune puissance visible, aucune sécurité, aucune domination : seulement une pauvreté habitée par Dieu.
L’épreuve la plus fréquente n’est pas la souffrance, mais l’oubli. Oublier la fidélité de Dieu, oublier sa présence, oublier que la grâce agit déjà. Alors naît l’inquiétude, la confusion, le doute. « Ne nous soumets pas à la tentation » signifie : Seigneur, ne nous laisse pas entrer dans l’illusion, dans l’oubli, dans la fermeture du cœur. Garde-nous dans la confiance. Fais-nous demeurer dans la mémoire vivante de ton amour. Dieu ne tente pas — il appelle, il éclaire, il relève. Même dans la faiblesse, il donne la force de choisir la vie.
La Parole de Dieu nous invite aujourd’hui à une vigilance intérieure. L’épreuve n’est pas un piège de Dieu, mais un lieu où la foi peut mûrir. Faisons mémoire des signes déjà reçus. Reconnaissons la présence de Dieu dans l’ordinaire. Demandons la grâce d’un cœur persévérant. La vie chrétienne n’est jamais acquise : elle se vit dans le présent. Aujourd’hui est le temps où Dieu agit. Aujourd’hui est le temps de la confiance.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui ne tentes pas mais soutiens,
garde-nous dans ta lumière.Dans la simplicité de Bethléem,
délivre-nous de l’oubli,
fortifie notre foi dans l’épreuve,
et donne-nous un cœur vigilant.Quand nous vacillons,
rappelle-nous ta fidélité.
Quand nous doutons,
réveille en nous la mémoire de ta grâce.Que ta présence nous garde
et nous conduise vers la vie.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
les disciples avaient oublié d’emporter des pains ;
ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.
Or Jésus leur faisait cette recommandation :
« Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens
et au levain d’Hérode ! »
Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.
Jésus s’en rend compte et leur dit :
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ?
Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ?
Vous avez le cœur endurci ?
Vous avez des yeux et vous ne voyez pas,
vous avez des oreilles et vous n’entendez pas !
Vous ne vous rappelez pas ?
Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes,
combien avez-vous ramassé
de paniers pleins de morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Douze.
– Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille,
combien avez-vous rempli de corbeilles
en ramassant les morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Sept. »
Il leur disait :
« Vous ne comprenez pas encore ? »
Références bibliques
- Jc 1, 12-18
- Mc 8, 14-21






























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