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CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 21
Seigneur, mon refuge — Apprendre le silence, l’abandon et la confiance au cœur de l’épreuve

Seigneur, mon refuge — Apprendre le silence, l’abandon et la confiance au cœur de l’épreuve

En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous conduit à entrer dans une relation plus profonde avec le Seigneur. Elle nous apprend à faire de Dieu notre refuge, même lorsque tout semble troublé autour de nous.

À travers les lectures de ce jour, nous découvrons un chemin exigeant mais fécond : celui de la confiance, du silence et de l’abandon entre les mains de Dieu.

Dans la première lecture, tirée du livre du prophète Jérémie, nous sommes témoins d’un moment particulièrement intense. Jérémie découvre un complot contre lui : ceux qui lui étaient proches cherchent à le faire disparaître. Il compare sa situation à celle d’un « agneau docile qu’on mène à l’abattoir » (Jr 11,19), sans comprendre d’abord ce qui lui arrive.

Son cri peut nous surprendre : il demande à Dieu de voir la vengeance s’exercer contre ses ennemis. Ce cri rejoint parfois nos propres réactions humaines face à l’injustice et à la souffrance. Mais très vite, Jérémie fait un pas décisif : il remet sa cause entre les mains de Dieu. « C’est à toi que j’ai remis ma cause » (Jr 11,20). Là se trouve le cœur de sa foi. Jérémie devient ainsi une figure du Christ. Comme lui, Jésus sera rejeté, incompris, livré. Mais comme lui aussi, il remettra tout entre les mains du Père.

Ce passage nous enseigne que la vraie force ne réside pas dans la vengeance, mais dans l’abandon confiant.

Dans l’Évangile selon saint Jean, nous entrons dans un climat de tension et de division autour de Jésus. Il enseigne au Temple, et la foule se divise : certains reconnaissent en lui le Prophète, d’autres le Messie, tandis que d’autres encore refusent de croire en raison de ses origines. « Le Christ peut-il venir de Galilée ? » (Jn 7,41) Les autorités religieuses, quant à elles, cherchent à l’arrêter. Pourtant, un fait étonnant se produit : les gardes envoyés pour le saisir reviennent les mains vides, déclarant simplement : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » (Jn 7,46)

Au milieu de ce tumulte, Jésus ne répond pas. La Parole incarnée se fait silence. Ce silence n’est pas faiblesse, mais profondeur. Jésus ne cherche pas à se justifier ni à entrer dans le débat. Il demeure dans une relation intérieure avec le Père. Seul Nicodème ose prendre la parole pour rappeler une exigence de justice : écouter avant de juger. Mais lui aussi se heurte à l’incompréhension.

Dans l’esprit de la spiritualité de Bethléem, ce silence de Jésus prend une lumière particulière. Dieu ne s’impose pas dans le bruit ou la force. Il se révèle dans la discrétion, dans l’humilité, dans une présence qui demande à être accueillie intérieurement. Comme à Bethléem, Dieu se donne dans le silence.

Et nous, dans nos vies souvent agitées, savons-nous encore écouter ? Le tumulte de nos préoccupations, de nos inquiétudes ou de nos jugements ne vient-il pas étouffer la voix de Dieu ? Le Carême nous invite précisément à retrouver ce chemin du silence. Non pas un silence vide, mais un silence habité. Un silence qui devient lieu de rencontre. Là où nous déposons nos peurs, nos incompréhensions, nos colères, pour les remettre entre les mains de Dieu.

Faire du Seigneur notre refuge, c’est accepter de ne pas tout maîtriser. C’est apprendre à lui faire confiance, même dans l’épreuve. C’est entrer dans cette attitude intérieure de l’Enfant de Bethléem : pauvreté, abandon, confiance totale.

Aujourd’hui, la Parole nous appelle à ce choix. Faire taire le bruit pour écouter Dieu. Laisser de côté nos certitudes pour accueillir sa vérité. Remettre notre vie entre ses mains.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui es notre refuge dans l’épreuve,

apprends-nous à nous abandonner à toi
avec confiance.

Lorsque nos cœurs sont troublés
et que le tumulte nous envahit,
donne-nous la grâce du silence.

Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable d’écouter
et de se confier en toi.

Que ta présence devienne pour nous
un lieu de paix,
et que nous apprenions à remettre entre tes mains
tout ce qui nous habite.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus enseignait au temple de Jérusalem.
Dans la foule, on avait entendu ses paroles,
et les uns disaient :
« C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient :
« C’est lui le Christ ! »
Mais d’autres encore demandaient :
« Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas
que c’est de la descendance de David
et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens,
qui leur demandèrent :
« Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent :
« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent :
« Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens,
y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi,
ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux,
celui qui était allé précédemment trouver Jésus,
leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme
sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
Ils lui répondirent :
« Serais- tu, toi aussi, de Galilée ?
Cherche bien, et tu verras
que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Références bibliques

  • Jr 11, 18-20
  • Jn 7, 40-53

 

Pour méditer

  • Savons-nous remettre à Dieu nos blessures et nos incompréhensions comme Jérémie ?
  • Laissons-nous le silence faire place à la Parole de Dieu dans nos vies ?
  • Dans quelles situations sommes-nous appelés à faire davantage confiance plutôt que contrôler ?