Il est des œuvres de Dieu qui ne font pas de bruit, mais qui transforment profondément l’histoire et les cœurs. La Parole de ce jour nous conduit dans ces lieux discrets où Dieu agit loin des regards, dans le silence, la patience et la profondeur. Là où tout semble ordinaire, Dieu accomplit l’essentiel.
Aujourd’hui, le Premier livre des Rois (1 R 11, 29-32 ; 12, 19) nous conduit hors des palais, dans la solitude de la campagne. Le prophète Ahias rencontre Jéroboam à l’écart, loin de la foule. Aucun témoin, aucun éclat — seulement une parole décisive. Le prophète déchire son manteau en douze morceaux et annonce la division du royaume d’Israël.
Cet événement marque une rupture, conséquence d’une infidélité profonde. Pourtant, même dans ce constat douloureux, Dieu agit encore. Sa parole se donne dans le silence, non pour écraser, mais pour révéler, purifier, rediriger l’histoire. Dieu n’abandonne pas son peuple : il travaille dans la discrétion, au cœur même des fractures humaines.
L’Évangile selon saint Marc (Mc 7, 31-37) nous présente une scène étonnamment semblable par son climat de discrétion. Jésus ne guérit pas le sourd-muet devant la foule. Il l’emmène à l’écart. Là, dans un geste simple et profond, il touche ses oreilles, sa langue, lève les yeux au ciel et prononce : « Effata ! » — « Ouvre-toi ! » Aussitôt, les oreilles s’ouvrent, la langue se délie, et l’homme parle. La guérison est totale, mais silencieuse. Jésus demande de ne rien dire. Pourtant, la joie déborde. La victoire n’est pas spectaculaire, mais réelle : Dieu restaure l’homme dans sa capacité d’entendre et de parler — c’est-à-dire de relation, de communion, de vie.
Dans la spiritualité de Bethléem, Dieu agit souvent sans bruit. À Bethléem, aucun éclat, aucun triomphe : seulement un enfant, une nuit, une crèche. Pourtant, c’est là que le salut du monde commence. La discrétion divine n’est pas faiblesse : elle est profondeur. Dieu ne s’impose pas, il ouvre. Il ne force pas, il guérit. Il ne cherche pas l’apparence, il rejoint l’intérieur. Comme le sourd-muet, nous portons parfois des zones fermées : incapacité d’entendre, difficulté à parler vrai, fermeture du cœur. La parole du Christ demeure : « Ouvre-toi ! » Ouvre-toi à la lumière. Ouvre-toi à la vérité. Ouvre-toi à l’amour. Là commence la vraie guérison.
Aujourd’hui, la Parole nous invite à reconnaître Dieu à l’œuvre dans l’invisible. Tout ne se joue pas dans le spectaculaire. Beaucoup se joue dans le silence : une conversion intérieure, une guérison cachée, une lumière reçue, une paix retrouvée. Demandons la grâce d’un cœur ouvert. Laissons Dieu travailler en nous, même sans bruit. Et comme l’homme guéri, rendons grâce : Il fait bien toutes choses.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui agis dans le silence
et ouvres ce qui est fermé,dans la douceur de Bethléem,
viens toucher nos oreilles fermées,
délier nos langues hésitantes,
ouvrir nos cœurs.Apprends-nous à reconnaître
ta présence discrète,
et à rendre grâce
pour ton œuvre cachée en nous.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
Jésus quitta le territoire de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
Des gens lui amènent un sourd
qui avait aussi de la difficulté à parler,
et supplient Jésus de poser la main sur lui.
Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et, avec sa salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel,
il soupira et lui dit :
« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s’ouvrirent ;
sa langue se délia,
et il parlait correctement.
Alors Jésus leur ordonna
de n’en rien dire à personne ;
mais plus il leur donnait cet ordre,
plus ceux-ci le proclamaient.
Extrêmement frappés, ils disaient :
« Il a bien fait toutes choses :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »
Références bibliques
- 1 R 11, 29-32 ; 12, 19
- Mc 7, 31-37





























Comments are closed.